VACHES
OU L'INSTINCT GRÉGAIRE
Seule-en-scène / Conférence sur l'animal vache
Tout public - Projet Arts & Sciences

En création / Automne 2028
de et par Cécile Morelle
de Cécile Morelle
Mise en scène : Edouard Peurichard
Création plastique : Philippine Brenac et Lucile Corbeille
« Vaches ou l'instinct grégaire » est le second seule-en-scène de Cécile Morelle qui explore notre besoin d'appartenance à travers une enquête intime et documentaire sur ce qui fait famille aujourd'hui.
À partir de son expérience de jeune mère et de son héritage paysan, l'autrice et comédienne interroge les liens qui nous unissent. Pour mener cette réflexion, elle choisit un guide inattendu : la vache, animal grégaire dont les comportements de soin, d'attachement et de vie en troupeau font écho aux expériences humaines.
Entre récits personnels, rencontres collectées au fil d'une enquête de terrain et observations du monde animal, le spectacle tisse des correspondances sensibles entre maternité, ruralité et vie collective. Dans un dispositif participatif « Vaches ou l’instinct grégaire » invite le public à faire troupeau le temps d'une représentation et interroge avec humour et douceur, ce qui nous pousse encore à rester ensemble dans ce monde de m#rde !
INTENTIONS
DEVENIR AUTRE
Ce projet naît d’une expérience très concrète : devenir mère.
Avec cela, un basculement immédiat : je change de catégorie aux yeux de la société, et mon propre regard sur mon corps change aussi. Mon corps devient un corps qui nourrit, un corps qui a donné la vie donc un corps « utile ».
Je participe malgré moi à ce que les politiciens appellent le “réarmement démographique”, mais j’ai pourtant pas les armes pour faire face, seule, à la fatigue, à la solitude des nuits blanches remplies de lait qui déborde, à la dépendance totale d’un autre être aggripé à moi.
Ce basculement agit comme un déclencheur : il ouvre une enquête plus large sur ce qui nous relie.
Qu’est ce qui fait famille aujourd’hui ? Pourquoi croit-on encore au groupe ? Qu’est-ce qui fait
que l’on tient ensemble ?
On dit qu’il faut un village pour élever un enfant mais où est ce village ? De qui est-il constitué ?
Famille nucléaire, famille éclatée, famille choisie, communauté artistique, groupe militant politique, chorale féministe, cercle d’amis, ...sont autant de possibles pour créer cette cité.
Je souhaite élargir cette notion de famille, sans la réduire à la maternité : inclure celles et ceux qui ne veulent pas d’enfant, celles qui ne peuvent pas, celles qui font famille autrement.
Faire famille devient alors une proposition concrète au public, faire corps ensemble, l’avantage
c’est qu’on est déjà rassemblés dans une salle, bien assis et attentifs à ce que dit la bergère sur
scène, on peut alors facilement, tourner la tête et voir quels sont nos camarades de pâture, avec quel mouton je vais me lier pour traverser ce spectacle sans me faire bouffer par le loup, non ?
UNE ÉCRITURE EN SÉRENDIPITÉ
Au sein de la compagnie Le Compost, j’écris à partir du réel, en posant des questions à des inconnues pour chaque création (LA TROUÉE, road-trip rural développe la parole des femmes dans le monde rural, DANS DE BEAUX DRAPS tente de tisser des liens avec l’autre dans l’espace public, LIVRÉ POUR VOUS s’est écrit à partir de récits de femmes sur leur rapport au corps.)
C’est cette méthode que je souhaite transposer au spectacle, sans préméditer les personnes que je vais interviewer : aller de rencontre en rencontre, collecter des paroles, des expériences, pour tenter de comprendre ce qui fait groupe chez les autres : Comment chacun fabrique son “village” ? Sa famille ? Son clan ?
ÉTUDE DE CAS : LES VACHES
Nous sommes des animaux grégaires, et pour mener cette enquête sur le groupe, j’ai choisi
la vache. Les vaches vivent en troupeau. Elles ont besoin du groupe pour se déplacer, pour se rassurer, pour exister. Elles reconnaissent leurs petits à la voix, et leurs vocalisations varient selon la distance : graves et apaisées quand le veau est proche, aiguës et tendues quand il est éloigné.
Les veaux, eux aussi, émettent des sons spécifiques pour signaler la faim, la séparation, le besoin.
Ces éléments m’intéressent parce qu’ils font écho à l’expérience humaine :
les pleurs de mon enfant que je reconnais immédiatement, la montée de lait provoquée par ces
pleurs, le lien invisible mais physique entre deux corps.
À travers cette “étude de cas”, je cherche à faire dialoguer comportements animaux et expériences humaines, sans hiérarchie.
VACHE, OU L’INSTINCT GRÉGAIRE est comme une tentative de comprendre, par le corps, par le lait, par le lien, ce qui, malgré tout, nous fait rester ensemble.

Le plateau comme prairie
Le public comme possible troupeau
©Philippine Brenac
Production : Compagnie Le Compost
RECHERCHE DE SOUTIENS, COPRODUCTIONS, RÉSIDENCES, ET MISE EN LIENS EN COURS